samedi, janvier 13, 2007

Le plaisir et ses petits tracas ?

Longtemps, je me serai couché de bonne heure : comme si un sommeil largement entretenu permettait de poursuivre des rêveries plus intenses, comme s'il fallait se montrer toujours davantage raisonnable.

A vrai dire, hormis l'intensité du plaisir de la sieste, qui passerait facilement pour une jolie dérobade aux habitudes quotidienne, j'ai fini par me demander si je ne perdais pas mon temps. Ce genre de question frise assez vite la promenade sur un fil tendu entre beaucoup plus que deux infinis et finit bien un jour par sombrer dans l'élégie crispée sur le temps qui passe.

Et puis, le temps est passé : on me vantait la fourmi, je me rêvais cigale. Je me plongeais dans un guide de l'hédonisme en vingt-quatre leçons, une par heure, plongeant mon Corbière au frais. Je goûtais l'air du temps, ou mieux encore ses courants d'air. Je contrais tout ce qui me paraissais utile en me livrant à ce qui me semblait indispensable. Je continuais d'être curieux de toute expérience ; je levais le nez en l'air, ce qui, vu la taille de mon appendice nasal, ne laissais pas de me ralentir dans mes déplacements. En fait, je constituais mon équilibre, pas à pas : enfin, un équilibre mental parce que physiquement j'ai comme une tendance à tanguer. Bref, je m'amusais.

Et en fait, je m'amuse toujours. Je m'amuse toujours du temps que je dérobe à cette fichue faucheuse qui doit bien m'attendre quelque part pour un dernier câlin. Je me moque de tous les compassés, qui s'accrochent à leur rigidité comme si leur patrimoine leur sortait des fesses. Je souris aux sujets sérieux, je ris même lorsqu'ils deviennent plus graves : je n'éprouve de la compassion que parce que je la ressens, pas si l'on me l'impose. Je ne crois toujours pas en la nécessité, en l'utilité, en un monde rationnellement ordonné. J'admire le bordel ambiant, comme si je pouvais le regarder pour en saisir la composition et l'idée : je me prends pour un petit Kandinsky qui plaque sur la toile des nécessités intérieures. Je rêve éveillé.

Certains cherchent leur bonheur dans le pouvoir, dans les honneurs ou dans ce qu'ils nomment réussite. Je continue à rechercher le rire, celui qui me constitue sans jamais m'achever, comme cet idiot qui continuerait à faire des ronds dans l'eau. Je continue à rêver et à m'amuser, même au boulot, même dans le métro, même au dodo.

Je fais le paon, roue en éventail. Je siffle l'air qui me passe par la tête. Je brasse l'air, je roule l'air. Je préfère ne pas quand je ne veux pas. Je n'ai pas d'ambition, pas de frustration, pas de rancoeur.

Je suis libre et heureux.

8 commentaires:

Armand a dit…

Cher Ubu,
Plus je te lis et plus je constate que l'image que nous donnons de nous sur la toile sont très différentes...
(Je dis "image" car "quid" de la réalité: je pourrais même être une femme, que tu n'en saurais rien...)
Quelques points communs quand même:
Notre attitude vis à vis des religions, sectes et racismes divers.
Notre hédonisme (bien que les plaisirs que nous ne nous refusons pas ne sont pas les mêmes).
Amitiés...

Ubu a dit…

Cher Armand,

Un plaisir que j'avais en effet oublié : celui des contrastes ;))
Amitiés ;))

Armand a dit…

Cher Ubu,
Libre et heureux!
J'ai bien peur que le réveil ne soit désagréable: personne n'est tout à fait libre...
Il te faudra donc te contenter de ton bracelet électronique!
Amitiés.

Armand a dit…

Cher Ubu,
Au fait, sais-tu que nous avons une amie commune dans la vraie vie?
Elle s'appelle F.
Pour t'aider, sache qu'elle chausse presque aussi grand que toi, mais que c'est votre unique ressemblance!
Par exemple, elle est plus jolie que toi (à mon point de vue masculin, évidemment)!
Amitiés.

zelda a dit…

cher Ubu ,,, je connais une allucinogene puissant ,,
la soupe Maggi a boire avant de dormir ... inspirant

Ubu a dit…

Cher Armand,
Je ne me réveille jamais : je rêve éveillé. Tu peux remettre mes amitiés à F. ;))

Chère Zelda,
J'ai beaucoup d'hallucinogène : je crains qu'un de plus ne me mène à la plus terrible des illusions, celle du réalisme ;))
Je vais changer ton lien incessamment.

Amitiés.

Le pèlerin vagabond a dit…

Salut Ubu,
Je crois bien que je vais faire "bouger" également... J'attends Belgacon depuis le 1er septembre pour une simple connection...

Ubu a dit…

Cher Pélerin,
A ta place, je me ferais cataloguer comme râleur et exigerais que l'on me passe le service commercial pour une compensation conséquente. Rien n'interdit d'utiliser la concurrence commerciale contre ceux qui la réclamaient.
Un collègue a obtenu un technicien dans la demi-heure grâce à une gueulante bien ajusté ;))
A bientôt.