jeudi, avril 05, 2007

Si tu donnes un poisson...

Dois-je vraiment revenir sur les propos d'un certain évêque, moi qui ne les aime que Pont-l', fait à point ? Dois-je vraiment évoquer la personnalité de M-M Léonard, confite dans sa suffisance comme un marron dans le cul d'une dinde ? Dois-je évoquer les afféteries de Monsignore, directeur des consciences un peu troubles de tous ces garants de l'ordre moral qui lui collent au cul comme autant d'hémorroïdes ?

Si je dois encore les rappeler, c'est que vous n'avez pas usé de ces liens que ma magnanimité place à votre disposition : je ne me fâcherai pas sur vous, ô lecteurs, mais je me demanderai tout de même si cela sert parfois à quelque chose qu'Ubu se décarcasse, surtout qu'il faut se représenter ce boulot-là.

M&M Léonard, beati pauperes spiritu, a donc déclaré sa foi et ses convictions pour tout ce qui ne le concerne pas. Il rappelle une norme qui ne convainc que lui-même et quelques catholâtres, qui se demandent entre le pain décongelé et le cubi quotidien à quel renouveau charismatique se vouer. M&M Léonard leur parle, avec ces propos que son grand âge laisse filer : M&M Léonard doit se sentir seul. En France, il pourrait compter sur le soutien patent du Vicomte De Villiers, sur la Vendée blanche, sur Bernard Antony et ses intégristes , qui gravitaient derrière le FN et sur la galaxie des cathos de choc, traditionalistes toujours présents dans l'Eglise officielle. Pas sûr qu'il rencontre un tel succès en Belgique : en ce plat pays qui est le nôtre, malgré des velléités de rassemblement des charismatiques de choc, ces pinailleurs qui admirent la force dans ce qu'elle a de plus crétin, ces intrigants de chapelle, il devient difficile de s'affirmer intégriste. Pas impossible, ne rêvons pas : juste difficile !

Il y a des chrétiens honorables, dont la morale n'attend pas les ordres d'un quelconque prélat pour se manifester : ainsi en va-t-il sans doute de toutes les religions. De même, il y a ces bigots douteux qui, pour préserver leurs sinistres fondements, resserrent leurs sphincters étroits dans un mouvement qui comblerait de joie n'importe quel psychanalyste. Ceux-là en sont resté au stade anal : c'est leur obsession, ils font leur religion sous eux et comptent bien nous emmerder avec leurs croyances de constipés qui se lâchent. Ils inventent une norme à laquelle ils s'accrochent comme à une épave : ils expriment leur désir de réglementer ce qui leur échappe, tout ce qu'ils ont perdu. De là cette scatologie du sentiment religieux, dont la suavité du discours ne camoufle qu'imparfaitement les relents excrémentiels.

En fait, les propos de ce genre de religieux devraient être pris pour ce qu'ils sont : des plaisanteries grasses de fin de banquet, comme si certaines cènes s'étaient retrouvées résumées en beuveries de corps de garde, comme si la bêtise des oeillères ouvrait des perspectives sur soi-même, comme si la vérité se manifestait désormais sous la forme de flatulences incontrôlées. Et de se conclure sur un "Allez en pets" de rigueur.

Au fond, peu m'importent les propos de quelque fanatique religieux, de quelque édicule il se prévale. Si j'éprouve encore du respect, même amusé, pour ceux qui ont la sincérité de croire, c'est parce qu'ils auront l'honnêteté, je l'espère, de se démarquer de ces prétendues lois qui s'érigent sous l'affirmation. Pour tous ceux-là, et pour nous aussi, qui ne croyons à rien d'autre que l'homme (et la femme, surtout au printemps, mais ce sujet reste intime, si vous le voulez bien), je propose un moratoire sur les religions constituées et sur tous les culs-bénits, sur les idéologues de caniveau, sur les fondamentalistes de la rétention, bref sur tous les prêcheurs qui nous empoisonnent l'existence.

3 commentaires:

Armand a dit…

Instinct de survie.
Cher Ubu,
Mère Thérésa refusait (je crois) tout contrôle des naissances, certains syndicats français préfèrent la confrontation à la discussion, la Maffia de Palerme aide des associations de bienfaisance...
Dans le cas qui nous occupe, je suppose qu'il y a davantage de vieilles bigotes que de jeunes filles dans les confessionnaux.
Faire plaisir à ses clientes et veiller à en avoir un maximum de "potentielles", c'est la première règle du commerce!
Amitiés

Anonyme a dit…

Qu'est-ce que tu as contre les hémorroïdes ?
Heureux de ton passage.
Léonard ? ne perd pas ton temps et ton énergie avec cet abruti ! Il y a longtemps qu'il se complaît dans sa connerie. Il se croit encore à l'époque de l'inquisition et des "indulgences"
Amitiés.

Ubu a dit…

Cher Armand,
Il semblerait que le commerce marche assez mal : la plupart des églises sont désertes, sauf en été, fraîcheur oblige ;-) J'ai plutôt l'impression qu'on brade les idéaux, ces derniers temps, et pas que chez M&M...

Cher alnonyme,
Je ne perds pas mon temps ; je ne cause pas aux M&M : je les dévore ;)))

Amitiés.