mardi, mai 01, 2007

Battle royal...


Oui, je sais, je vais encore vous gonfler avec les élections : mais comme une prédisposition naturelle et une inclination non moins irrépressible me poussent à tous les plaisirs, dont ceux de la table, il n'y a aucune raison que je sois le seul, sur ce blog, à privilégier les courbes dans un mouvement où la générosité n'exclut pas les rondeurs.

En fait, ami français (ce qui signifie que si tu es belge, ami lecteur, tu devras revenir début juin : par contre, si tu es suédoise ou tahitienne, tu passes quand tu veux, amie lectrice), c'est un choix superbe qui t'est donné pour ce dimanche. Entre le Petit Nicolas, qui semble n'avoir pas grandi du tout, et la mère de famille poitevine, convaincante comme un chabichou, il y a cette marge que la publicité comparative nous interdit de réduire à sa plus fine substance. Et l'on se prend à rêver, dans un frisson, que les deux rivaux s'épousent et nous fassent de beaux enfants et de prochaines élections.

Evoquons leurs soutiens : Sarko peut compter sur les has been, qu'ils le soient déjà ou bientôt, ce qui nous permet d'envisager une culture à hauteur de TF1, où la berlusconnerie tient lieu de réflexion ; par contre, Ségolène peut se targuer de compter, parmi ses suffragettes, Geneviève de Fontenay et Philippe Sollers, deux défenseurs de l'élégance féminine. La Marseillaise officielle sera-t-elle adaptée par Doc Gynéco ou par Diam's ? Laurent Ruquier invitera-t-il un jour Christian Clavier ? Un vertige me saisit : pour qui auraient voté Saturnin, Colargol et Pollux ? J'exclus volontairement Casimir, puisqu'il est déjà premier ministrable en Ubuland : et puis les monstres gentils ne se commettent pas en politique, eux...

Parlons maintenant de leurs attitudes respectives, si pas respectueuses. Sarko joue les divettes et perd le contrôle de ses nerfs ; Ségo s'aventure sur les sommets de la bourde avec un sens de la fadeur tellement inné que l'on se prend à sommeiller entre deux mots. Les deux se comportent en vainqueurs, alors même que leur rêve se situe à hauteur de chaise : leur point de vue éthéré se résume en un trône, leur morale en reste aux cabinets. Tous deux furent ministres. Qu'il me soit permis - et d'ailleurs je ne vois pas qui pourrait me l'interdire - de m'abstenir d'évoquer leurs bilans politiques. D'autres le firent mieux que moi, y compris les susnommés. Je signale d'ailleurs aux lecteurs militants de base que le précédent qualificatif n'induit aucunement de quelconques relations entre les susdits. Et ce dernier mot non plus.

Bref, vous remarquerez qu'il est possible de parler d'une campagne électorale sans jamais se placer d'un point de vue politique. Les candidats sont devenus des icônes un peu douteuses soldées par leurs communicants, au gré des inventaires de citations et des allusions référentielles. Puisque leurs promesses ne sont que pure fiction, puisque nos horizons sont chimériques, puisque nous ne pouvons douter de la réalité virtuelle des potentiels de nos deux candidats (enfin, pas si nos que cela !), puisqu'il est devenu si commode d'en référer à l'homme de la rue pour se confire dans l'absence de perspective, je propose que ce soient les Belges et les Papous qui votent cette fois. Que des électeurs qui s'en foutent élisent enfin des candidats qui s'en contrefoutent, sauf du mois de mai.

Et puis, il vous restera toujours la possibilité de demander l'asile virtuel en Ubuland.

Mise à jour : le bureau des passeports est ouvert.

3 commentaires:

Armand a dit…

Cher Ubu,
Ni l'un ni l'autre n'atteidront l'audimat de Daerden sur YouTube.
Ils ont encore beaucoup à apprendre de la Wallonie!
Amitiés.

Anonyme a dit…

Où est-il le temps où Coluche...?
Rhadamanthe.

Ubu a dit…

Bonjour Messieurs ;))

Cher Armand,
A la limite, la campagne youtubesque de Daerden est peut-être moins caricaturale que les campagnes électorales habituelles ;))

Cher Rhadamanthe,
On a en effet remplacé le candidat Coluche par deux lessives ;))
N'empêche que Coluche avait dû se retirer de la campagne en 1981...

A bientôt